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J'aurais aimé être rimeur et écrivain, Par malheur ne suis qu'imposteur et malandrin, Pas même capable de mon propre alexandrin, Je vais pêcher ceux d'un véritable écrivain. J'aurais aimé être écrivain et rimeur Pour pouvoir traduire avec un égal bonheur Que la belle quand elle à de ma mort décrit l'heure, Ce que ressent au plus profond de lui mon coeur. J'aurais vraiment aimé être cet homme-ci Car peut-être ainsi ne serais-je pas parti, Te laissant me guider, inconscience ennemie, Au milieu des tueries, alors que mon envie De me sentir près de toi, Emmanuelle, Se fait toujours plus forte tant tu m'ensorcelles. Je ne sais te dire, rengaine sempiternelle, A quel point tu peux être divinement belle. Alors que nos familles, nos amis de tous âges, Sans échappatoire sont pris dans le carnage, Ce qui, je te l'avoue, provoque en moi la rage, Par-dessus ces malheurs avec toi je surnage. Pour cela je suis tourmenté par le remords, Et m'en veux de n'avoir pas affronté la mort, Et je me dis toujours que je suis dans mon tort Bien qu'être auprès de toi m'est d'un grand réconfort. Mais tu n'attendras plus très longtemps mon retour Car tu sais bien, ma douce, que pour ton Amour, Alors que suis au loin, solitaire, j'accours, Et je reviens toujours quel que soit le parcours. Car quels que puissent être les nombreux problèmes Et même si je devais, ô risque suprême, Faire prononcer sur ma tête l'anathème, Je ne crains rien du tout quand je sais que tu m'aimes. Enfin, c'est de toute la force de mon âme Que par l'entremise de cette ode, ma Dame, Je me présente à vous et vous déclare ma flamme, Afin que soyez, pour l'éternité, ma femme. |
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Par Gawyn l'Amoureux(Zenthar) |