Les Colloques de Maître Zenthar

"Les Entités Diaboliques A Travers l'Histoire"


Par Zenthar le Démonologiste

Jeu :
Médiéval-Fantastique
Monde :
Tout Univers
Style de jeu :
Quête de la Connaissance


"Diable n.m. (latin diabolus, du grec diabolos, calomniateur) :
L'esprit du mal, démon, d'après les croyances chrétiennes; mauvais génie en général."

"Démon n.m. (latin daemon, du grec daimôn, génie) :
Esprit, bon ou mauvais, qui dans l'Antiquité prenait place entre les Dieux et les hommes."


Le Diable, personnification de l'esprit du Mal, chef des anges rebelles, calomniateur et négateur universel, est le principal ennemi de Dieu dans la tradition Judéo-Chrétienne.
Il a pour synonymes Lucifer, l'Archange Porteur de Lumière, qui devint après sa Révolte le Prince des Ténèbres; Bélzébuth, le Prince des Démons, personnification de tous les "faux Dieux"; ou encore Satan, l'Adversaire des Hébreux, le Vieux Serpent de la Génèse, la Bête ou le Dragon de l'Apocalypse de Saint Jean.

Il est assisté par un grand nombre de Seigneurs Diaboliques ou Princes, 72 au total, qui eux-mêmes commandent aux cohortes des Enfers. Celles-ci sont composées de 1 111 légions, comptant chacune 6 666 entités diaboliques, pour un total appréciable de 7 405 926 serviteurs diaboliques (et ce d'après Jean Wier, in De Praestigiis Daemonum, 1568).
Ces "nobles" infernaux suivent une hiérarchie semblable à celle que connaissait ce contemporain de la féodalité européenne, comprennant Rois, Princes, Ducs, Marquis, Comtes, Barons et même simples Chevaliers (Pseudomonarchia Daemonum de Jean Wier, in De Lamiis Liber, 1577).
De ces 72 "Princes" (ou quel que soit le titre que Wier leur accorde), une grande partie est inspirée des diverses mythologies antiques et pour la plupart étaient des dieux, au plein sens du terme, tels que Lucifer (qui dérive de Lugh, le Dieu Solaire Celte), Bélzébuth, Asmodée, Moloch ou Bélial.

Un bon nombre de ces nobles, pour les moins titrés principalement, furent néanmoins "inventés" par Jean Wier, homme à l'imagination débordante.
Quelques autres encore apparurent plus ou moins tardivement, tel Méphistophélès, qui apparut dans la légende de Faust et pris sa position d'importance aux Enfers grâce à Goethe.

Comme le disait d'ailleurs l'un des grands sages de notre époque :

"La Bible est un merveilleux ouvrage : rarement roman fantastique aura été une telle source d'inspiration pour nous autres rôlistes; ses divers passages sont autant de possibilités de création, qui d'un scénario, qui d'une campagne, ou même d'un univers imaginaire complet en la prenant dans son ensemble."

Fred Gondy, alias P'tit Gris



Pour ma part, j'ai toujours été impressionné par la somme de travail de recherche et d'imagination qu'a dû fournir Gary Gygax (et quelques autres également) en écrivant les divers manuels d'AD&D™®©.
Je me suis néanmoins toujours demandé quelle était la part de "réalité" dans les diverses mythologies, et entre autres dans la Hiérarchie Infernale et les Maîtres des Abysses.
Et de tout ce qui relève du réel, quelles en sont les origines ?
Qui était Asmodée pour nos ancêtres ?
Qu'en est-il exactement de Baalzébul ?
Orcus et Démogorgon ont-ils une histoire qui pourrait nous inspirer pour nos campagnes ?
Autant de questions auxquelles je vais ici tenter d'apporter quelques éléments de réponse, bien trop superficiels j'en conviens, mais néanmoins fort utiles.
Cela pourra permettre de donner un peu d'épaisseur à vos Archi-Diables, ou plus simplement d'introduire en douceur de nouvelles religions dans vos campagnes, que ce soit par l'intermédiaire d'un schisme, d'un culte visant à tempérer les maléfices d'Asmodée, d'une honnête religion adorant les côtés "bénéfiques" des ténèbres, ou plus simplement d'un culte diabolique à souhait.


La Noblesse Infernale



Abigor
Démon d'ordre supérieur, Grand-Duc dans la Monarchie Infernale.

Adar (Adrammelech)
Le Dieu des Sepharvites d'Assyrie, pour la vénération duquel ils brûlaient leur enfants dans le feu. (II Rois 17:31)

Adramelech
L'un des diables supérieurs de l'Enfer, et le Chancelier de Satan. Adramelech était représenté comme un centaure qui aimait faire l'amour aux femmes.

Agarès (Agaures)
L'un des démons orientaux des Enfers, commandeur de légions.

Alastor
Sévère démon exécuteur suprême des sentence du Monarque Infernal.
Dans la mythologie Grecque, Alastor est un démon vengeur, associé aux vendettas sanglantes entre familles, et il est le terme grec pour une puissance vengeresse qui tente les enfants des pêchés de leur père. Il est aussi un génie maléfique d'une maison qui pousse un homme à commettre des crimes et des pêchés.
Il était à l'origine un homme mortel, fils de Neleus, le Roi de Pylos. Il devint un démon (mineur) lorsque lui et ses frères furent tués par Hercule.

Alocer
Grand-Duc des Enfers.

Amduscias
Grand-Duc des Enfers.

Amon (Amun, Amen, Ammon)
Dieu primordial Egyptien, dont le nom signifie "Celui qui est Caché".
En tant que force mouvante du souffle invisible, il fut originellement un Dieu du Vent et Seigneur de l'Air. Durant la 11ème Dynastie (2133-2000 av JC), il devint le puissant Dieu Solaire de Thèbes, où il fut vénéré sous le nom d'Amun-Rê. Plus tard il devint le Dieu Suprême du royaume tout entier et Roi des Dieux.
Dans l'Ogdoad d'Hermopolis il forme une paire avec la Déesse-Mère Amaunet (ou Mut). De cette union nacquit le Dieu Lunaire Chons.
Le Symbole d'Amun est le Bélier. Il est représenté sous la forme d'un bélier, d'un homme à tête de bélier, ou d'un homme barbu portant une couronne de plumes.
En grèce il fut vénéré en tant qu'Amon.
Démonisé par la religion chrétienne, il fut décrit comme ayant "la figure d'un loup avec une queue de serpent..." par Collin de Plancy.

Arioch
Nom utilisé pour l'un des anges déchus dans le Paradis Perdu de Milton. Il tira le nom, qui signifie "fier lion", de la Bible (Dan. II, 14) où il est le nom d'un capitaine des gardes. Il est bien sûr également le grand Dieu du Chaos d'Elric de Melnibonë (Cycle de Stormbringer par M. Moorcock).

Baalbérith
Démon de second ordre, maître ou seigneur de l'alliance.
Voir Baalzébul.

Baalphégor
Dieu des moabites, qui l'adoraient sur le mont Phégor.
Voir Baalzébul.

Baalzéphon
Voir Baalzébul.

Bael
Démon dont les "spécialistes" (Collin de Plancy, Jean Wier) s'accordent à dire qu'il est le premier roi de l'Enfer, en tête des puissances infernales, au cours du Moyen-Âge et de la Renaissance.
Voir peut-être aussi Baalzébul.

Balan
L'un des princes des Enfers. Il est dépeint comme étant nu et chevauchant un ours.

Barbatos
Grand et puissant démon, Comte-Duc des Enfers.

Bel
Dieu suprême de la Palmyre pré-Islamique, dans l'ancienne Syrie, il est aussi le Dieu des Cieux. Son nom signifie "Seigneur" ou "Maître".
Avec les dieux Aglibol et Yarhibol, il forme une puissante triade. Ses attributs sont l'aigle et la foudre.

Buer
Démon de seconde classe, qui aurait la forme d'une étoile ou d'une roue à cinq branches (et s'avancerait en roulant sur lui-même...).

Caarcrinolaas
Autre nom donnée à Glasya, sous l'appellation de Labolas Caarcrinolaas.

Focalor
Général infernal, portant les traits d'un homme aux ailes de griffon. Il aspire à retourner au ciel, et croit toujours y parvenir.

Furcas (Forcas)
Chevalier des Enfers.

Goap (Gaap)
Grand Prince des Enfers.

Glasya
Autre nom donné à Labolas Caarcrinolaas.

Hérodias
Le nom provient probablement d'Hérodiade, une mythique souveraine de la nuit qui aurait présidé des assemblées sabbatiques et ordonné l'exécution de sacrifices humains.

Hutijin
Ce nom est probablement un dérivé du nom Hutgin, un démon auquel un homme fit appel pour garder sa femme volage durant son absence, ce qu'il fit avec un zèle étonnant, l'empêchant de commettre l'adultère qui l'aurait damnée.

Lilith
Son nom est dérivé de Lilitû, Déesse Suméro-Akkadienne sanguinaire, jalouse, luxurieuse et impudique.
Deux traditions la concernent, l'une faisant d'elle la Reine des Succubes, incarnation féminine du Mal, l'autre en faisant la première femme d'Adam, qui aurait eu de lui des hordes de démons avant que de s'enfuir avec l'Ange de la Mort, Samaël.

Malphas
Grand président des Enfers.

Melchon (Melchom)
Démon "payeur des employés publics des Enfers" (!!), d'après Collin de Plancy.

Rimmon
Démon d'un ordre inférieur peu considéré, quoique premier médecin de l'Empereur Infernal. Il tire son origine de Remmon, ou Remnon, vénéré à Damas.

Titivilus
Son nom provient vraisemblablement de Tintinillus. Ce démon, au cours du Moyen-Âge, semblait avoir pour mission de recueillir les psaumes mal dites, les syllabes mangées et les oraisons écourtées par les moines.

Zaebos
Grand Comte des Enfers.

Zagum (Zagam)
Grand Roi de l'Enfer.

Zepar
Grand-Duc infernal.


Les Princes Infernaux


Tiamat
Dans la mythologie Babylonienne, Tiamat est un immense dragon femelle qui personnifie les océans salés, l'Eau du Chaos. Elle est aussi la mère primordiale de tout ce qui existe, y compris les Dieux eux-mêmes.
Son consort est Apsu, personnification des abysses d'eau douce qui coulent sous la terre. De leur union, eau douce et eau salée, nacquit la première paire de Dieux. Il s'agissait de Lachmu et Lachamu, parents d'Ansar et Kisar et grands-parents d'Anu et Ea.
Dans l'Enuma Elish, mythe de création écrit aux alentours de 2000 ac JC, leurs descendants irritèrent tant Tiamat et Apsu qu'ils décidèrent de les tuer.
Ea découvrit leur plan, et parvint à tuer Apsu tandis qu'il dormait. Tiamat devint folle de rage en apprenant la mort d'Apsu, et voulu venger son époux.
Elle créa alors une armée de créatures monstrueuses, qui furent menées par son nouveau consort, Kingu, qui était également son fils.
Tiamat fut finalement détruite par le jeune dieu Marduk, qui était né dans la profonde mer d'eau douce.
Marduk trancha en deux le corps de Tiamat. Avec la moitié supérieure il forma le ciel et avec la moitié inférieure il créa la terre. De l'eau de Tiamat vinrent les nuages, tandis que ses larmes formèrent les sources du Tigre et de l'Euphrate.
Kingu périt aussi, et de son sang Marduk créa les premiers hommes.

Dispater
Il est le seigneur Romain du Monde Souterrain et de la fortune, similaire au Grec Hadès. Son nom vient de la contraction du latin Dives Pater, le "Riche Père" ou "Père Richesse", qui se réfère à la richesse des pierres précieuses enfouies sous la terre. Il sera très tôt assimilé à Pluton (l'Hadès Grec).

Mammon
Signifie littéralement "Argent". Il est l'abstraite personnification des richesses matérielles, et de leurs conséquences l'avarice et la cupidité, dans la tradition Judéo-Chrétienne.

Bélial (Béliar)
Ancien dieu des Sidoniens (en Phénicie), Bélial est l'esprit maléfique des ténèbres et de l'athéisme dans le mythe Hébreu de l'ancienne Palestine. Dans l'Ancien Testament, il est fait mention des hommes-Bélial : ce sont ceux qui s'opposent à la loi et à l'ordre.
Bélial peut aussi être comparé à Satan.

Géryon
Dans la mythologie grecque, Géryon est un géant à trois têtes et à trois troncs, qui nourrissait son troupeau de boeufs de chair humaine.
Hercule, après avoir tué le berger et son chien à deux têtes Orthrus, débarassa le monde du géant tricéphale et ramena les boeufs à Tyrinthe pour le dixième de ses Travaux.

Moloch (Molekh)
Signifie littéralement "Roi".
Il est le Dieu Solaire des Cananéens de l'ancienne Palestine, et est quelquefois associé au dieu Sumérien Baal, bien que Moloch soit uniquement maléfique.
Au cours des VIIIème-VIème siècles av JC, les premiers nés des Israëlites lui étaient sacrifiés dans la vallée de Hinnom, au sud-est de Jérusalem. Ces sacrifices au Dieu Solaire avaient pour but de renouveler la puissance du feu solaire, à l'instar de ce que faisaient les Aztèques.
Moloch était représenté par une immense statue de bronze possèdant une tête de taureau. Cette statue était creuse, et en son sein brûlait un feu qui colorait les yeux de Moloch. Les enfants étaient placés dans les mains de la statue, qui se levaient grâce à un ingénieux système jusqu'à sa bouche. Les enfants y tombaient alors, comme si Moloch les dévoraient, et étaient consumés par le feu.
La population réunie autour de la statue dansait au son de flutes et de tambours, pour couvrir les cris des pauvres victimes.
Le terme de Moloch devint associé à cette forme de sacrifice (le Moloch).

Baalzébul
Le culte de Baal date des anciens peuples sémites, descandants de Shem (fils aîné de Noé), et apparaît dès le XIVème siècle av JC.
Le mot Baal signifie "Maître" ou "Possesseur". Baal était pendant longtemps le nom de nombreuses petites divinités locales de Syrie et de Perse.
Baal est néanmoins principalement connu en tant que divinité de la fertilité Cananéenne. Le Grand Baal était de Canaan. Il était le fils de El, le grand Dieu de Canaan.
Son culte célébrait annuellement sa mort et sa résurection, ces cérémonies incluant souvent des sacrifices humains et la prostitution.
Le culte de Baal s'étendit des Cananéens aux Phéniciens, qui étaient aussi partiellement un peuple agricole.
Baal et sa consort Ashtoret (devenue Astarté) étaient tous deux des symboles de fertilité Phéniciens. Les prêtres instruirent le peuple que Baal était aussi responsable des inondations, des épidémies et autres calamités, ce qui menait ce même peuple à de grandes extrémités pour satisfaire Baal.
Dans les périodes de troubles, des sacrifices humains, particulièrement des enfants, étaient plutôt fait au grand dieu Moloch.
Les Phéniciens étant aussi de superbes navigateurs, le culte de Baal s'étendit à travers toute la Méditérannée. Il se répandit aussi parmi les Moabites et fut introduit aux Israëlites. Ceux-ci l'acceptèrent largement, et Baal fut vénéré par les Rois et les autres nobles des Dix Tribus Bibliques, ainsi que par le peuple qui dépendait tant de la productivité de leurs champs et de leurs élevages.
Leurs cérémonies incluaient des sacrifices crématoires, là encore parfois humains.
Revêtant de (très) nombreux noms en d'aussi nombreux endroits, Baal était également appelé Baal-Shamin ou Baal-Shameme (littéralement "le Seigneur des Cieux"), Baal-Rosh (Seigneur du Promontoire), Baal-Saphon (Seigneur du Nord), Baal-Phégor ou Béel-Phégor (Seigneur de Phégor), ou encore Baal-Bérith.
Enfin, il est également connu sous les noms de Baal-Zébul (Prince Baal) pour les habitants de Canaan, et de Baal-Zébub (Seigneur des Mouches), nom donné avec mépris par les Philistins au précédent.
Il reste dans la Bible l'un des anges déchus de Satan, prenant finalement le nom de Belzébuth, l'un des Princes des démons. Milton fait de lui le premier lieutenant de Satan dans son Paradis Perdu.

Méphistophélès
Méphistophélès, Méphisto pour les rares intimes, n'est né que très tardivement.
En effet, il apparaît pour la première fois dans la légende de Faust, humaniste et thaumaturge allemand dont tout ce qui est connu est légendaire. "L'Histoire du Docteur Johann Faust, très célèbre magicien" (1587), ouvrage anonyme, est le premier à mentionner Méphistophélès, mais en fait un esprit mineur, simple envoyé du Diable auprès de Faust.
Il prend avec Marlowe, en 1588, une dimension quasi pathologique (La Tragique Histoire du Dr Faust), avant que Goethe dans son Faust (1808) lui donne dimension satanique (assurance de soi, ton ironique ou sarcastique) qui sera sienne dans les nombreuses oeuvres littéraires et musicales consacrées à Faust.

Asmodée (Asmodeus)
Alors là, accrochez-vous et suivez bien, car les méandres sont légion.
A l'origine, il s'agit de l'un des Daevas de Zarathoustra, Aesma Daeva ou Aeshma Daeva ("Fureur", parfois "Folie"). Il est le démon de la luxure et de la colère, de la violence et de la vengeance. Il est la personnification de la violence, aimant les conflits et la guerre.
De paire avec Asto Vidatu, le démon de la mort, il pourchasse les esprits décédés s'élevant vers les cieux, faisant de lui l'un des êtres maléfiques les plus profondément ancrés du côté des ténèbres.
Pourtant, lorsqu'il passe dans le folklore Hébreux (sous le nom d'Aschmedaï), il devient un diablotin, un esprit "enquiquinant" et plein de vie, un sujet de moquerie et souvent un ami des gens. Il est très porté sur les jolies filles, dont il est de plus extrèmement jaloux, et aime à perturber le bonheur marital. Il est alors l'esprit de l'amour impur et la personnification des instincts voluptueux.
Mais il finit par reprendre sa méchanceté, comme lorsqu'il étrangla les sept maris successifs de Sara durant leur nuit de noce (Livre de Tobie).
Enfin, il est parfois et par la suite assimilé à Samaël, Ange de la Mort et Prince des Anges Déchus, celui-là même qui se révolta contre Dieu et que la Bible nomme Satan.
Malheureusement (pour lui), son statut se dégrada fort au cours du Moyen-Âge. En effet Raoul Glaber (pseudo-narrateur apocalyptique des évènements de l'An Mil), à qui il serait apparu à trois reprises, le décrit comme "...une espèce de nain horrible à voir,... de stature médiocre...".
Enfin Lesage, au début du XVIIIème siècle dans son roman "Le Diable Boiteux", non seulement reprend cette description peu enviable, mais qui plus est il fait de lui rien de plus qu'un voyeur inassouvi.
Voilà ce que serait le Grand Prince des Neufs Enfers !!!
Et qui sait ? Peut-être cette réputation lui est-elle faite par ces "sages" qui savent ce qu'il est réellement, et ne veulent que porter la populace à le mépriser ?

Un petit mot sur les Princes Démoniaques


Orcus
Orcus est un Dieu Romain antique de la Mort et, par association, du monde souterrain, parfois un Dieu terrible, et parfois compatissant. Il est dans cet aspect l'équivalent du Grec Hadès (que les Romains nomment Pluton). Il est également le Gardien des Serments et en cela il punit les parjures.
Un autre aspect fait de lui un démon, le Messager de la Mort, lui conférant toujours une position importante, son rôle de Dieu de la Mort étant repris par Dis Pater chez les Etrusques ou par Februus chez les Romains (mais lui ne nous intéresse pas ici).

Pazuzu
Cet être maléfique s'il en est se trouve être originaire de Mésopotamie. Il est pour les Sumériens, Akkadiens et Babyloniens un démon ailé grandement craint par tous, populations et rois.
Cette créature possède "...une tête déformée, les ailes d'un aigle, les griffes acérées d'un lion à la place de ses mains et pieds, et le dard empoisonné du scorpion."
Pazuzu, aussi appelé par fois Pazuzeus, est la personnification du vent violent du sud-est, qui apporte les maladies. Les Mésopotamiens croyaient qu'il vivait dans le désert.

Demogorgon (Démiurge)
Ce nom est probablement dû à un barbarisme dérivant du Dêmiourgos (démiurge) de Platon, utilisé dans la Généalogie des Dieux de Boccace.
Le Démiurge est pour Platon (Timée) l'ordonnateur du Cosmos, différent de Dieu. Certaines gnoses font du Démiurge et de Dieu les deux moitié d'un même tout (selon le principe de la théologie gnostique dualiste). Dieu est maître des cieux, le "Paradis", et est bonté, tandis que le Démiurge est maître et créateur de notre monde, qui est mauvais par nature. Cette doctrine est à rapprocher du zoroastrisme et du manichéisme, qui découlera bien plus tard en France sur les Cathares et les Albigeois.

Baphomet
Son nom vient d'une corruption du nom de Mahomet, le Prophète de l'Islam.
Il n'a donc aucune existence "réelle" en tant que telle. Il est l'idole imaginaire que Philippe IV le Bel (Roi de France) et Clément V (Pape) accusèrent les Templiers de vénérer au cours de rites obscènes, accusations nées de la volonté du Roi et du Pape de s'approprier les trésors de l'Ordre du Temple.

Ahrimanes (Angra Mainyu)
Dans l'ancienne religion Perse (Iran) et les livres du Zoroastrisme, Angra Mainyu est le Dieu des Ténèbres, l'Eternel Destructeur du Bien, la Personnification et le Créateur du Mal, le Dispensateur de la Mort et de la Maladie. Il est aussi connu sous le nom d'Ahriman, et son nom signifie "esprit diabolique".
Dans la religion primitive, il était le fils d'Ahura Mazda (Ormazd, Ormuz), et le frère jumeau de Spenta Mainyu. Ce dernier s'unit à Ormuz et ils devinrent un seul et même Dieu. Ils restèrent jumeaux, mais leur père devint dès lors le Dieu Primordial Zurvan.
A la tête de sa horde de serviteurs, les Daevas (mâles) et les Drugs (femelles), Ahriman mène un combat perpétuel contre Ormuz et ses Amesha Spentas, pour la domination de la Création. Cette bataille devrait durer 9000 ans, au terme desquels Ahriman devrait être vaincu.
Ahriman vit dans les ténèbres, en un lieu où tous ceux qui font le mal vont après leur mort (l'enfer). Son symbole est le serpent. Il est celui que la religion Juive d'abord, puis Chrétienne, appelleront Satan.

Abraxas
Que dire de ce Seigneur Démoniaque s'il faut en croire le MM2 ? Maître Gygax aurait-il eu une panne d'inspiration ? Ou bien certains de ses collaborateurs lui ont-ils fait une farce ? Toujours est-il que le terme Abraxas est ce mot de pouvoir, cette formule magique condensée, qui par extension donnera le fameux et pourtant si péjoratif "Abracadabra".


On continue avec quelques créatures inférieures


Manes
Les Manes ou Di Manes ("les bons") est la decription euphémistes des esprits des décédés, vénérés commes des divinités par les Romains. Ces divinités infernales, qui n'étaient pas toujours bienveillantes envers les vivants, assuraient la protection des tombeaux.
Manes est aussi une métaphore pour les "monde Souterrain" ou le "Royaume de la Mort".


Un petit mot aussi sur les Plans


PANDAEMONIUM
Capitale de l'Empire Infernal selon Milton ("Le Paradis Perdu") où il situe le palais de Satan.
Construite avec l'or d'une montagne enflammée, travaillée par les anges rebelles, elle a des portes d'airain.
Ce n'est que par extension que le mot signifie un lieu où règnent tous les genres de désordre, de corruption et de perversité. De là vient l'origine du nom de ce plan.

LES LIMBES
Il s'agit là d'un lieu où étaient enfermées les âmes des Justes de l'Ancien Testament, d'Adam et d'Eve, des Prophètes, tous décédés dans la grâce de Dieu. Jésus alla les en délivrer avant sa Résurrection. Il en aurait d'ailleurs profité pour briser les Portes de l'Enfer et en jeter les clés dans l'Abîme.
Les Limbes sont également parfois considérés comme le séjour des très jeunes enfants, morts avant que de recevoir le sacrement du baptème.

GÉHENNE
Ce mot est un terme hébreu désignant à l'origine la Vallée de Hennom (geia hinnom), située au sud-est de Jérusalem, vallée qui était souillée par les sacrifices humains dédiés à Moloch (voir plus haut).
Ce n'est que par la suite, dans les Ecritures, que le terme prit sa signification actuelle, à savoir un synonime de l'enfer.

TARTARE
Le Tartare est, dans la mythologie Grecque, l'un des trois séjours des âmes défuntes, avec les Champs Elyséens et les Plaines de l'Ennui.
Le Tartare est l'Enfer à proprement parler, le lieu où Tantale, Sysyphe et tant d'autres subissent leur éternel châtiment. Mais à la différence de la plupart des religions, ce ne sont pas tant les pêcheurs ou les criminels qui s'y trouvent, que les légions des Dieux, Héros ou simples mortels qui commirent la grave erreur de déplaire à Zeus.

ACHÉRON
L'Achéron est l'un des fleuves des Enfers de la mythologie Grecque, que les âmes des défunts traversait sur la barque de Charon, au même titre que le Styx.


L'on termine avec les Forces de la Lumière


Daevas (Daivas, Devas, Devs)
Dans l'ancienne mythologie Perse, ce sont les démons qui font s'abattre épidémies et maladies, et qui combattent toutes formes de religion. Ce sont les serviteurs mâles d'Angre Mainyu (cf Ahriman).
A l'origine, les Daevas, de même que les Ahuras, étaient une classification de Dieux et d'Esprits.Ce n'est que tardivement qu'ils furent dégradés à un stade inférieur, celui de démons (l'anglais "devil", diable, trouvant son origine dans leur nom).
Les Sept Grands Démons des Daevas sont :

Mais l'on retrouve la connotation bonne et majestueuse que leur confère AD&D dans l'Hindouisme, où Deva est un terme générique utilisé pour les êtres divins.


Cet article, loin d'être exhaustif, sera irrégulièrement remis à jour, que ce soit par les recherches plus poussées de son auteur, ou par les contributions que vous voudrez bien apporter vous-mêmes.

Pour de plus amples informations, une source on-line d'importance est l'Encyclopedia Mythica. Merci à eux.